mercredi 12 novembre 2008

Puisqu'on me demande

Un dieu égyptien demandait en commentaire : "Alors ? Comment va l'Empire du Milieu ? Y a-t-il des photos ?". Le commentaire étant placé n'importe où, on soupçonne ce dieu égyptien de ne pas être un dieu, et encore moins égyptien. Alors comment va la Chine ? Regardons la réaction typique de l'expatrié retournant temporairement en France : "Je ne m'attend pas a beaucoup de changements, la France, ce n'est pas la Chine, rien ne bouge (ou alors quand ça change, c'est rarement en bien).". Oui, l'expatrié français standard est un kitombeux.

Alors l'Empire du Milieu va bien, en superficie ça bouge beaucoup comme d'habitude, d'où les nuages de poussière, mais dans le fond pas énormément. Venons-en aux photos.

Le bureau est toujours là dans la grande maquette du pavillon de l'urbanisme, de même que l'appartement (même s'ils n'ont toujours pas enlevé ce segment fantomatique de la Dagu Lu). Visiblement le décapsuleur ne leur suffit pas (et puis c'est une initiative japonaise à la base, ça la fiche mal), ils ont donc l'air de prévoir de rajouter une nouvelle tour de bureaux à moitié vide, encore plus haute et évidemment toujours dans le même périmètre, et un jour on pourra peut-être jouer aux dominos à Pudong.

Pendant ce temps, c'est le printemps sur la maquette. Les arbres en plastiques de qualité ont perdu leur couleur et il est temps de les changer. Les jardiniers sont donc à l'oeuvre. Et quittons ce pavillon sur une photo souvenir devant une reconstitution tournante des plus beaux bâtiments phalliques de la ville.

Partons en direction du jardin Yu. Un grand ciel bleu dégagé nous accueille, quelques Santana 2000 repartent avec des visiteurs heureux. A l'approche du pont au neuf zigzags, deux ou trois touristes et visiteurs déambulent devant le Starbucks habituel, tandis que quelques jeunes sirotent leur jus de cola gazéifié acheté à la petite échoppe Mc Donalds à dix mètres de là. Au loin, la Jin Mao et le décapsuleur, quelle belle vue dégagée !

Pour ceux qui ont visité, c'est du déjà vu (et en plus, on a tendance à prendre exactement les mêmes photos, tout ce qui change c'est l'appareil).

Les indispensables sont là : le zozio, l'arbre qui va bien, les dragons (en photo truquée évidemment), et la photo sous-exposée (c'est ça ou la photo cramée à Shanghai).

On est rassuré, on peut voir la tour perle de la perle de l'Orient, qui paraît bien ridicule à côté du bambou et du décapsuleur (c'est ça de ne pas être visionnaire). On se trouve rassuré au premier plan, les boissons traditionnelles ont l'air éternelles malgré ces auvents passés. De l'autre côté de l'enceinte, c'est dimanche et business as usual, c'est Luc Chatel qui doit être content.

Dernier jour ; au moins, on n'est pas déçu par la vue, Shanghai tient toutes ses promesses. Le Costa qui a remplacé le Starbucks est toujours là, pour combien de temps encore ? Les travaux du métro continuent sur la Zhaojiabang Lu, je m'aperçois que je n'ai pas publié de photo de mai, mais peu importe, peu de différence, ça doit se jouer en souterrain, il faut bien qu'ils aillent les chercher quelque part toutes ces poussières.

Et pour Aurélien : Yakitori Asuka n'est toujours pas fermé, boulet. Mwahahahahaha.

dimanche 25 mai 2008

Etat des lieux

Petit tour rapide (note : les photos datent d'avant le tremblement de terre, qui n'a pas causé de dégâts à Shanghaï).

changlelu_1.jpgNon Aurélien, Yakitori Asuka existe toujours, et c'est toujours aussi bon d'ailleurs (succulente brochette de coeurs de poulets).

dagulu_1.jpgUn "tempppanyaki" sur Dagu Lu... oui, j'ai fait l'impasse.

dagulu_2.jpgDagu Lu toujours, avant on avait "Movie World" (à droite sur la photo) et "Better than Movie Worid" (dans le dos du photographe). Maintenant on a droit à une troisième boutique de diwidis (à gauche sur la photo), jouxtant l'épicerie fine.

dagulu_4.jpgC'est le bon temps dans cette rue. Enfin peut-être pas pour le Cossie's dont ce nouveau café a pris l'emplacement.

dagulu_3.jpgFin de la série Dagu Lu, et fin du "Boîte à pizza" par la même occasion à cet emplacement. Bientôt de la véritable pizza italienne ici, si l'on en croit la banderole. Si ça doit être véritable comme chez Namike Pizza, sortez les mouchoirs et préparons nous pour un nouveau deuil.

huaihailu_1.jpgHuaihai Lu, les Champs-Elysées de la Perle de l'Orient un drapeau tous les trois mètres : on se croirait au Danemark.

huaihailu_2.jpgNos souriants assistants à la circulation ont changé de modèle de casquette.

huaihailu_3.jpgHuaihai Lu toujours. Comment avoir un massage (supposément) pas cher ? Il suffit de rogner sur les coûts de traduction et les coûts de reproduction : le sarkozysme avant l'heure.

huaihailu_4.jpgFind de Huaihai Lu, avec un nouveau concept : la PowerPoint Life. Boutique fashion spécialement destinée aux commerciaux décérébrés qui pensent PowerPoint, qui mangent PowerPoint et surtout qui défèquent PowerPoint, vous trouverez dedans tout ce qui le faut pour vous habiller en jeune cadre dynamique branchouille.

eaux.jpg Guerre des eaux minérales : Volvic renforce sa présence, en se calant juste derrière Evian au niveau prix. Sur la photo, Volvic à gauche, Nongfu au milieu et Evian à droite ; devinez quelle eau est sept fois moins chère que les autres. On remarquera aussi sur les étiquettes les différentes manières d'écrire 1,5L ; on croirait voir un fond éditorial renseigné par Akata.

maomingnanlu_1.jpgMaoming Nan Lu, les baux arrivent à expiration, le côté droit de la rue est muré, on s'avance lentement mais sûrement vers une destruction suivie d'une érection. Il faut dire, on voyait un peu trop le ciel dans cette rue (nonobstant les arbres).

maomingnanlu_2.jpgMaoming Nan Lu suite et fin. Il y a quelques années c'était la rue Saint-Denis locale (tchipou tchipou), une rue pleine de vie et de débauche. Et puis la police est passée, restait les bars, clubs et restaurants. Tongren Lu a pris son envol. Il ne reste plus aujourd'hui que quelques restaurants. C'est la croissance explosive à la chinoise.

ruijinerlu_1.jpgRuijin Er Lu, "My Xanadu" et devenu "Milky Way", les grafs n'ont pas été refaits depuis deux ans.

shaanxinanlu_1.jpgShaanxi Nan Lu, le "Petit Jaune" a disparu. A sa place un espace vide et étonnament propre quand on le connaissait avant. Dommage, ils avaient un gongbaojiding très correct, bien qu'un peu gras.

shimenyilu_1.jpgShimen Yi Lu, les déménagements on atteint la rue, et les destructions ont (enfin ?) commencé. La moitié des boutiques ont disparu sur ce côté de rue.

shimenyilu_2.jpgAu loin "Tomorrow Square" et son Mariott. Au près : maintenant que l'accès sur la rue est béant, c'est quand même beaucoup plus rapide pour évacuer les gravats.

shimenyilu_3.jpgUne fois les boutiques vidées, des panneaux à la gloire du promoteur, ce qui va permettre de voir venir tranquillement le vrai chantier, et plus tard son véritable mur temporaire de chantier en briquettes.

Voilà, c'est tout pour cette fois. Si vous êtes sages, des photos de chantiers dans un prochain post.

dimanche 14 octobre 2007

L'explosion tranquille

La Chine, par définition, ça explose. Mais attention, dans tout système on peut trouver des invariants. Et à Shanghaï, en plus des traditionnels 24h/24, transformateurs, taxis et chantiers, on peut trouver les rues bordées de platanes.

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Non, non, rien n'a changé.

jeudi 4 octobre 2007

Plus qu'un problème, un symptôme

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir. Après deux ans en Chine, à jouer à essayer de voler un mot, une expression de la conversation des autres, c'est étouffant.

Charles de Gaulle, l'aéroport, pas la place qui accueille l'Etoile. Dans la longue file d'attente menant au contrôle des passeports, le sous-effectif est hélas une fois de plus criant. 5h15, arrivent et se mêlent les vols en provenance d'Abidjan, Brazaville, Canton, Cotonou, Douala... Shanghai. Multiplicité des langues, mais unanimité du silence pesant, tous assomés par les longues heures de vol et l'étouffante chaleur du lieu. RER B, métro 4. Ca parle français, arabe, anglais, mandarin... et d'autres langues que je ne reconnais pas. En cette heure toujours matinale le djeunz bourré est déjà rentré chez lui par le premier métro, et le djeune cadre dynamique est déjà dans les bouchons. Ca parle peu.

Métro 1, de retour à Charle de Gaulles, mais à côté de l'Etoile. Ca parle anglais, français, arabe, japonais, mandarin... et d'autres langues que je ne reconnais pas. A peine moins de sacs Vuitton que sur Nanjing dong lu, mais sans doute moins de contrefaçon, tout du moins dans les sacs ; pour les corps, on repassera. Ca fait pia pia pia dans ton corps et dans tes oreilles : la Sorbonne part à l'analyse du glam-pouf, Vuitton blanc ou Vuitton original, Omega ou Festina, Pomme de Pain ou McDo ? Ca vole haut, quand on est à la hauteur d'un puceron.

En fait, ce n'est pas de me mêler de ce qui ne me regarde pas qui me gêne. Après tout, on reste français. C'est ce bruit, ces conversations contingentes desquelles il faut s'isoler. L'étranger amène un filtre naturel ; il suffit de ne plus faire l'effort, et la langue de l'autre dans la rue devient un brouhaha enveloppant. C'est à la fois enivrant de pouvoir se concentrer en tout lieu, amusant de pouvoir insulter sans risque, et exaspérant d'entendre le franchouillard raconter sa dernière biture avec son accent américain à déchiqueter au sanibroyeur SFA. Alors lors du retour on se rééduque, et on prend livre et balladeur, pour retrouver son havre. Et finalement, la conversation du français qui-n'a-pas-compris n'a rien à envier à celle de l'über-français. C'est comme pour la blogopatate : si vous ne filtrez pas, vous risquez de finir dans une foule intelligente.