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Chantier

Shanghaï, Pudong, LujiazuiEntre la précarité et le chômage, la Chine a choisi la précarité, mais contrairement à la Grande-Bretagne, elle a eu en plus le chômage. Dans une économie volontariste du plein emploi, il faut trouver de quoi occuper tout le monde, même si ça n'est pas tous les jours faciles. La première étape consiste à provisionner amplement l'armée et les bataillons de fonctionnaire. Une fois ceci passé, et l'administration s'approchant de sa limite de lecteurs de journaux professionels, il faut passer une fois de plus à autre chose.

Shanghaï, Pudong, LujiazuiOn entre donc dans un cycle de l'occupation des gens en tant que fin. De là, nul jour sans qu'on ne rencontre un trottoir en cours de repavage, alors que marchant dessus la veille, on aurait bien pu le laisser en l'état pendant encore six ou sept ans. Nul jour non plus sans voir une portion tout à fait correcte de route se faire dévaster au marteau piqueur, afin de recevoir dans le jour qui suit un lit de macadam tout frais. Et le surlendemain, de constater quelques défauts sur la voie fraichement, et de se demander : à quoi bon.

Shanghaï, Pudong, LujiazuiA quoi bon faire un travail de qualité ? Quel est l'intérêt de s'appliquer ? Quel est le besoin de s'investir dans l'ouvrage, sachant que mécaniquement, et quelque soit l'état de son travail à ce moment là, il sera à nouveau temps de le remplacer, uniquement dans le but d'occuper quelqu'un. Les services municipaux s'assurent donc de la permanence des travaux, pas dans les lieux qui le méritent le plus, mais, en bon pays capitaliste que la Chine est devenue, uniquement dans les lieux rentables. La notion de rentabilité est ici à considérer en terme d'image, de publicité. Qui va noter que la ruelle sombre a été rénovée ? Ces ruelles, inaccessibles pour les lourds engins de travaux, qui va aller s'épuiser à la tâche ? Pas la municipalité. Ne sont donc sujets aux travaux, que les lieux visibles et où la voie est suffisamment large pour y travailler sans trop de contrainte. Et puis il faut penser aussi à repeindre les barrières, aucune utilité pour les barrières dans ces ruelles

Shanghaï, Pudong, LujiazuiEt comme si tous ces travaux, toute cette poussière ne suffisaient pas, après le public c'est le privé qui en rajoute. Sans doute impressionnés par la douceur de vivre de la Défense, on assiste ici à l'éclosion permanente de gratte-ciels. Les photos d'illustration ont été prises à Lujiazui (陆家嘴) dans la "zone nouvelle" de Pudong (浦东). Les petits immeubles en place, les trop petits restaurants, les petits commerces, tout ceci est détruit graduellement, histoire de laisser la place à de nouveaux grattes-ciels. Chantiers de démolition, chantiers de construction, chantiers de réparation, chantiers de facade. Cette ville est un vaste chantier. Et dans tous ces chantiers, le seul qu'il est urgent de réaliser ne semble pas prêt d'arriver : le réseau sanitaire. C'est bien connu, la santé, ça n'apporte que des problèmes une fois qu'on n'est plus en âge de travailler.(Champ Aïl, 2005/05/27 14:47) lien permanent

Commentaires ici et ailleurs :

Hola, déprime du bloc-noteur ? :-P
M'est avis qu'une virée à Saigon est au programme. Tu verras, un apéro sur le toit du Caravelle, un dîner au restaurant à ciel ouvert dans le fond de Dong Khoi, un premier verre à l'Apo, un deuxième au Gossip bar, et tout ira mieux :-)

Posté par dda, le vendredi 27 mai 2005 à 18:33 #

C'est pas encore en chantier aussi Saigon ?

Posté par Damien B, le dimanche 29 mai 2005 à 00:17 #

Si, mais à Saigon, c'est pas un bug, c'est une feature :-)
Je me demande s'ils ont fini le Hyatt... La crise de 1997 avait arrêté la construction en plein milieu. Et un chantier arrêté sous les tropiques, ça pourrit vite !

Posté par dda, le mardi 31 mai 2005 à 11:57 #

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