Ce matin dans Metro, un petit rappel sur Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, qui aimerait bien voir plus d'acteurs dans la sélection faite par le CSA pour la TNT en MPEG-4, format qu'il a forcé pour les chaînes payantes. Pour les chaînes gratuites, le format reste celui imposé par le CSA, à savoir le MPEG-2. Le combat entre les deux formats tient en un point : le taux de compression. Plus celui-ci est élevé, plus le volume d'information à transmettre au récepteur est réduit. Or le MPEG-4 a un meilleur taux de compression que le MPEG-2, ce qui signifie que pour un même volume de données, on peut :
- diffuser plus de chaînes en MPEG-4 qu'en MPEG-2
- diffuser autant de chaînes en MPEG-4, qu'en MPEG-2, mais de meilleure qualité qu'en MPEG-4
Ceci nous amène à ce que Patrick Devedjian souhaite voir se développer : la TV HD.
Concernant les formats, le MPEG-2 correspond à ce qu'on trouve sur les DVD et les SVCD. Cette norme est plus ancienne que le MPEG-4, et étant donné la diffusion des DVD, les composants de décompression sont fabriqués en grand nombre et à faible coût. En comparaison, les composants nécessaires à la décompression du MPEG-4 ne sont pas encore fabriqués en quantités énormes. Les lecteurs DVD de salon dit MPEG-4 (supportant DivX-5 par exemple) sont en effet pour l'essentiel des machines embarquant un microprocesseur générique, et effectuent une décompression logicielle et pas matérielle. On parle des téléphones portables qui décodent le MPEG-4 de façon matérielle, mais ces combinés n'implémentent qu'une partie réduite de la norme, leurs puces sont inadaptées à l'utilisation qui est envisagée. Il faut rappeler que le MPEG-4 rassemble un ensemble de normes complexes, avec certaines parties optionnelles, qui ne deviendra un standard définitif qu'en septembre.
Pour la Haute Définition, on trouve chez tous les revendeurs de vidéos des DVD dits "Haute Définition". Cruelle déception pour le consommateur moyen, ces DVD ne sont pas lisibles sur une platine de salon, il faut en effet un ordinateur compatible PC équipé avec un système d'exploitation Microsoft® Windows® XP, muni de son inséparable Microsoft® Windows Media® Player 9 ou supérieur (avec la gestion des droits numériques activée, bien entendu). Ceci est désigné sous la pompeuse appellation de WMV HD, qui comme son nom l'indique est un standard de rien du tout. Passons.
Le MPEG-4 est donc plus coûteux pour le téléspectateur, mais grâce à Patrick Devedjian, il va devoir payer des terminaux intégrant les deux types de puces. A priori, ça n'est pas grave, vu que ceux qui veulent les chaînes payantes paieront leur terminal encore plus cher, à la fois pour la vérification des droits (décryptage) et pour le MPEG-4 (décompression). En ce qui concerne la TV HD, le Journal du Net titre sur "TV haute définition : 3 millions de foyers convertis en 2010". La haute définition, c'est ce que veut Patrick Devedjian, ministre délégué, rappelons le. L'article du Journal du Net cite une étude commanditée par le dit ministre à un cabinet de conseil. Ce copieux rapport de 87 pages, consultable en ligne, présente un point extrêmement choquant. Si l'approche d'exploration de scénarios semble sensée, ce qui le semble moins est l'occultation complète du passé.
La TV HD en France, une révolution ? Non ! Une fois de plus, nous fûmes des précurseurs ratés. Souvenez-vous, 1992, les Jeux Olympiques d'Albertville, les Jeux Olympiques de Barcelone. 1992, 13 heures par jour de programmes en 16/9ème haute définition. 1992, la promesse de la TV HD dans les 4 à 5 ans à venir, avec le passage par une norme commune (le D2-MAC) remettant à plat l'échiquier européen des systèmes de diffusion (LL', B, BG, BH, I), permettant une transition en douceur vers la haute définition (HD-MAC, utilisé pour les dits Jeux Olympiques). Et tout ceci à l'horizon... 1996. 1992, apogée du D2-MAC, les spectateurs équipés pouvant visualiser les programmes en HD-MAC (mais en mode dégradé). Et cela s'est réalisé, en silence : un échec. 1993, abandon officiel du HD-MAC, la haute définition n'aura pas lieu pour le grand public. Dans la foulée, le D2-MAC reste confiné à quelques canaux sur les satellites, et ne prendra pas la voie du hertzien. Problèmes de coûts pour le spectateur, absence de programmes, technologies pas suffisamment aboutie, technocratie ? On aimerait trouver une analyse de ce passé dans ce "rapport", pour expliquer en quoi la donne est changée, et pourquoi cette fois-ci cela réussirait à grande échelle ; le rapport cite un nombre de 12 millions de foyers équipés dans 5 ans dans l'hypothèse la plus optimiste, où est la révolution ?
A lire :
(Cyberpunk, 2005/01/17 21:53)
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Reuters :
Le fabricant de logiciels Oracle entend supprimer 5.000 emplois après l'acquisition de son concurrent PeopleSoft pour 10,3 milliards de dollars. Les deux sociétés emploient à elles deux 50.000 personnes.
Après de si longs mois de guerre entre Oracle, PeopleSoft et JDEdwards, avec l'assistance bienveillante de MicroSoft au passage pour justifier qu'Oracle n'allait pas se retrouver en position dominante, voilà que Oracle finalement a racheté tout le monde ! Et je ne m'en étais même pas aperçu... comme quoi, le suivi de l'actualité, ça va, ça vient.(Cyberpunk, 2005/01/17 20:02)
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Je ne crois pas au revirement de Sony. Comme tu le soulignes, le pb vient de la contraction en une seule entreprise d'une Major, d'un fabricant de PC et d'un fabriquant de matériels grand public (hifi, tv, balladeur,...) Il y a *forcément* conflit d'intérêt. Leur retournement de veste à propos du mp3 n'est guidé que par un instinct de survie, ni plus, ni moins. amha, rien à attendre à part qu'ils perdent une à une leurs activités et se reconcentrent (je parie pour la major en premier) ; de retour à une émulation saine, sony redeviendra 'consommable'
Posté par Greg, le dimanche 23 janvier 2005 à 21:08 #
Je suis d'accord, l'espoir réside dans un affaiblissement de certaines branches de Sony. Personnellement j'espère que c'est la branche matos qui va remonter. Mais ils sont malheureusement partis de traviolle. Cette stratégie de convergence à la Universal les a aidé d'un côté, en particulier pour forcer leurs formats sonores : au cinéma (SDDS & Co), audio HiFi (SACD), audio grand public (ATRACsss)... toutes ces choses qu'ils n'auraient pu se permettre sans la présence d'un catalogue à portée directe. Et c'est là que le bât blesse, cette autosuffisance sur le contenu les a isolé. Il serait mieux pour nous qu'ils se désengagent de la production, mais lacher ce catalogue à qui ? Pascal Nègre ? Encore un peu plus de concentration ? Non, l'idéal serait que le catalogue audio/vidéo soit vu comme un appoint plutôt que comme un fer de lance pour Sony, et qu'ils recommencent à avoir des standards partagés par plus d'un constructeur. Irréalisable ? Je ne sais pas. Je suis optimiste néanmoins
Posté par Damien B, le lundi 24 janvier 2005 à 17:25 #