J’ai rêvé de toi cette nuit. C’était en Italie au milieu de la Calabre. Je ne me souviens plus de la route sauf la montée sinueuse avant l’arrivée à la maison et la voiture poussive qui fumait plus qu’à l’accoutumée. Il faisait frais à l'intérieur. Notre hôte s’est présentée dans un français approximatif. Une brune sans âge que tu connaissais de je ne sais quel salon de je ne sais où. Lidia. La maison était accueillante et faisait carte postale. Je lisais des revues dont je ne comprenais rien. Tu as récupéré un sac informe avec des fringues, des bouquins en italien et de vieilles photos. On a mangé dehors. Après un café serré et des adieux gênés nous retrouvions les chemins cabossés et le bitume embrasé. Plus tard nous avons aperçu une ferme africaine au détour de rien et nous avons fait une halte. Des attractions vétustes, des animaux fatigués. Une échelle permettait de grimper sur le dos des girafes et j’ai eu très peur quand tu as glissé du montant. Tu es tombée sur le dos. Je me suis rué vers toi et t’ai retrouvée avec un sourire de gamine et de la poussière sur les joues. Je t’ai embrassée. Cela faisait des années que je ne t’avais pas embrassée. Je ne sais plus si nous sommes restés longtemps ensuite. Je voulais annuler le train du retour et atteindre la Sicile. On a dû faire de l’essence et le niveau d’eau du radiateur agonisant. Tu as disparu dans les rayons alimentaires de la station-service. Alors j’ai pris le train seul et je ne me souviens plus du voyage. Je me suis retrouvé en Champagne, chez ma grand-mère, dans la pièce du bas. Les grandes vacances touchaient à leur fin. La Sicile était bien loin. Je t’avais encore perdue. Je me suis réveillé. Il avait plu dans la nuit.